Au sommaire


CIVR : Une délégation officielle de Chinois à la découverte des vins du Roussillon


Irqualim : Les qualivores s’apprêtent à grignoter la région


SITEVI : 1 100 exposants attendus à Montpellier


La chronique de Jean-Marc Majeau : Lettre
à ma grand-mère


Artisanat :

Travailleurs détachés :
la CAPEB met les pieds dans le plat !


FDSEA 66 - Contentieux prud’homal : définir l’indemnisation en cas de rupture abusive


Importations : équation “protectionniste”


UVV : la “pensée magique” autour du vin décryptée


Viticulture : le millésime 2017


Chambre d’agriculture de l’Aude : compte-rendu

de la réunion du secteur de Tuchan


Glyphosate : le point de vue du Breton Thierry Merret


Région : trois nouveaux plans pour l’agriculture


La puce à l’oreille :
Vers un permis … tronçonneuse ?

L’édito de Jean-Paul Pelras

L’impasse


C’est bien connu “promettre, c’est s’endetter”. Sauf que, quand ce sont les politiques qui s’engagent, ils doivent rarement payer l’addition. Prenons, pour commencer, la question énergétique avec, d’un côté, le réseau RTE qui alerte sur d’éventuelles coupures de courant en cas de coup de froid (ce qui, de toute évidence est envisageable en hiver) ou de fermeture exceptionnelle de réacteur nucléaire. Des évènements qui pourraient “fragiliser l’alimentation électrique des Français”.

À quelques heures d’intervalle, mais il faut aussi faire confiance au hasard, monsieur Hulot déclare qu’il sera “difficile” de tenir l’objectif de réduction de 50 à 70 % d’électricité d’origine nucléaire d’ici 2025. Ayons à ce stade du propos une pensée pour celles et ceux, à l’instar de madame Hidalgo, qui veulent supprimer les véhicules essence ou diesel, pour les remplacer par des véhicules électriques. Et imaginons la mise en circulation de 20 millions d’automobiles (pour commencer) branchées sur un réseau sous dimensionné. Ce qui, en quelques secondes, nous replongerait dans la pénombre moyenâgeuse du candélabre et du fanal. À moins qu’il faille, pour remporter le challenge, développer le nucléaire dans des proportions apocalyptiques, revenir aux énergies fossiles avec le charbon ou recouvrir nos territoires de miroirs réfléchissants et de tourniquets géants.

Tout cela, j’en conviens, n’est pas facile. Et si une solution s’impose pour préserver l’environnement, loin des théories idéalistes, elle ne pourra venir que de projets hybrides émanants non pas de promesses politiciennes, mais d’une recherche industrielle et scientifique disposant de moyens appropriés et de délais raisonnables.

“Le monde vivant n’est pas stupide, il est contraint”

Autre pirouette qui en dit long sur ce que nous avons (pour l’instant) évité en refusant le TAFTA, la décision étasunienne de surtaxer à hauteur de 20 % les produits fabriqués à l’étranger. Promesse de campagne tenue en revanche par Donald Trump pour favoriser la production locale et créer, selon lui, des emplois aux États-Unis. Imaginons ce qu’aurait été un accord transatlantique avec des interlocuteurs qui privilégient les négociations à sens unique et rayent d’un trait de plume des décennies de relations commerciales.

Hulot d’un côté, Trump de l’autre, deux hommes politiques aux engagements diamétralement opposés et pourtant confrontés aux impératifs du productivisme qui dicte son tempo. Avec une démographie exponentielle qu’il faut alimenter et qui alimente l’économie dans une spirale irréversible où l’homme insatiable, tel un monstre antique, finit par s’autodétruire, comme l’écrivait René Barjavel dans “La faim du tigre” : “Le comportement général du monde vivant fait penser à celui du légendaire catoblépas, dont l’appétit et la stupidité étaient si grands qu’apercevant le bout de ses pattes il s’en saisit, commença à les manger et continua jusqu’à ce qu’il se fût entièrement dévoré. Mais le monde vivant n’est pas stupide : il est contraint. Il ne peut subsister qu’en dévorant sa propre chair.”

Une impasse et des voltes faces inévitables. La Chine l’a d’ailleurs bien compris. Puisque, après avoir imposé la politique de l’enfant unique, elle subventionne désormais à tour de bras les constructions de maternités. Des bébés pour travailler, pour financer les retraites et bien sûr… pour consommer.

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